Cie Je Reste

http://compagniejereste.fr

Sous la direction artistique d’Aurélie Mazzeo, ses travaux questionnent la notion d’identité, les strates multiples qui constituent l’humain.e, et les connexions qui existent entre nous, aujourd’hui, maintenant, ici. Nous portons à travers nos projets la nécessité de relier nos pratiques artistiques à leur potentiel émancipateur, réflexif et expérienciel, à les intégrer à nos paysages imaginaires contemporains. C’est une manière plus précise de notifier que notre ligne artistique est engagée.

AURÉLIE MAZZEO - METTEUSE EN SCÈNE – DANSEUSE – COMÉDIENNE

Presque par hasard, sortant circonspecte de ses études de lettres, Aurélie intègre le Conservatoire d’art dramatique de Nantes en 2010. Tentée de croire qu’elle a trouvé sa place, elle fonde dès sa sortie en 2013 la compagnie Je reste, dont elle assure depuis la direction artistique. Elle y propose cinq mises en scène, trois performances et deux ateliers.

Elle poursuit en parallèle ses activités d’interprète, d’assistante, de formatrice, de voix-off, d’actrice de cinéma, de musicienne, de militante, de touche-à-tout autodidacte et infatigable.
Remarquée par son profil atypique, elle commence notamment la danse contemporaine avec la compagnie Kokeshi, puis intègre l’équipe d’Olivia Grandville pour sa création Combat de Carnaval et Carême, et son projet de transmission chorégraphique pour 100 amateurs, Foules. Elle est ensuite engagée dans le spectacle de danse/rue To be D#ft Punk de la compagnie Ecart, ainsi que dans Waving, danse chorale océanique proposée par Inui (Laurie Peschier-Pimont & Lauriane Houbey). Elle est également pom-pom girl déchaînée pour le Catch de dessinateurs à moustaches, car bien que le sentiment d’être un outsider soit tenace, il y a une chose qu’on ne peut lui enlever : elle sait faire le grand écart.

PROTOCOLE EXPERIMENTAL BARBARE

SOLO POUR UNE INTERPRÈTE, SIX FIGURES D’ELLE-MÊME, ET SIX INTERRUPTEURS.
PERFORMANCE | DANSE | THÉÂTRE

“Connaître pleinement quelqu’un, c’est une utopie ? C’est beau c’est l’objectif c’est le plus fou cadeau c’est plonger dans l’humain ressortir les mains sales se lécher les doigts. Je veux ça. Léchez-vous les doigts après avoir plongé en moi. Oui, c’est une métaphore sexuelle, tu crois que ce genre de choses m’échappent ?”

Les fragilités sont le versant du pouvoir. Apprendre à les comprendre, à les aimer, à synthétiser les morceaux épars de nos êtres, c’est apprendre à être au monde, pleins et entiers, complexes et sûrs, puissants, vivants, palpitants. Nous n’avons plus le temps d’être des versions abrégées de nous-mêmes, plus le temps de renoncer, plus le temps de nous en vouloir, de dormir, d’accuser les autres, quoi, si on attend ça va passer ?, tu rêves, et tu sais que tu rêves, et tu sais que tu rêves.

Lily, Joëlle, Laëticia, Lyn, La Sibérie, Aurélie. Une enfant, une adolescente, une anarchiste, une salope, une sorcière, une performeuse : six femmes. Figures fantasmées du soi, elles viennent raconter qui on est avec les petits secrets, les tuyaux rouillés, les névroses fondatrices, les leçons apprises, les échecs observés, l’assurance de la dernière chance. Protocole expérimental barbare vient racler les murs de la grotte qui confine l’intime.  Ca parle de ce qui nous constitue, de ne pas choisir de place, d’être partout à la fois, de la peur qui est pouvoir, de faire le deuil de nos désirs toxiques de perfections, nous sommes des contenants universels. Je te dirais “ça parle de toi”, ce serait pareil ; et quoi, au pire tu pourras hurler à l’égo-tripes, vas-y, je vais te montrer là où ça fait mal et te livrer les armes, je t’attends.

Les histoires, les récits, les corps de ces femmes se déroulent dans une temporalité commune, leurs mots se répondent, on entend l’écho. A sa guise, comme un chef d’orchestre, le public peut choisir qui il souhaite écouter, combien de temps, au moyen d’interrupteurs contrôlant les partitions de l’interprète. Que choisira, qui censurera-t-il ? Quelle posture adoptons-nous, seuls, en groupe, face à la liberté et l’emprise ? Peut-on empatir aux choix d’autrui ? Encore et encore une fois : quelles connexions nous relient ?